Le "crack" articulaire" ( d'après un article de V.Sagnard, Ostéopathe )


Ce bruit provenant des articulations a longtemps été un mystère. En 1971 une étude scientifique a pu décrypter son mécanisme. Le bruit aujourd'hui appelé "cavitation" est provoqué par l'action d'un brusque changement de pression dans l'articulation lors de sa manipulation. En effet, des bulles de gaz (CO2) contenues dans le liquide synovial sont retrouvées dans l'articulation sous l'effet d'un rapide passage à une pression inférieure à la pression atmosphérique. Le son apparaît au moment de l'éjection des bulles de gaz contenues dans le liquide synovial. Il faut environ 30 minutes pour que le gaz reintègre le liquide synovial et donc pour que le phénomène de cavitation réapparaisse.

Nous avons souvent des idées reçues concernant ce bruit articulaire ; mettons les choses au clair.
- Le "crack" n'est pas le résultat de l'entrechoquement des os ou des cartilages, au contraire il est le résultat d'une dépression dans l'articulation provoquée par une augmentation de distance entres les surfaces articulaires.
- L'ostéopathe ne fait pas que "craquer". Il s'agit d'une des techniques dont il dispose dans son arsenal thérapeutique aux cotés des techniques fonctionnelles, viscérales, crâniennes.
- L'absence de son ne signifie absolument pas que la manipulation a échoué. Il faut juste s'assurer de l'effet positif de la manipulation en retestant l'endroit manipulé.
- Aucune étude n'a pu démontrer le développement d'arthrose suite à des "craquements" répétés.


Le "thrust"

La manipulation ostéopathique à haute vélocité et basse amplitude ("thrust") est souvent associée à ce phénomène de cavitation.
Cette technique a un effet neurophysiologique (théorie d'Irvin Korr). Au niveau de la zone à manipuler, il existe une forte activité électrique (nerveuse) se traduisant par des douleurs aux mouvements ou à la palpation. La manipulation produit une augmentation suffisamment brusque de cette activité électrique pour envoyer un signal fort au système nerveux central. Celui-ci donnera alors l'ordre de diminuer l'activité nerveuse de la zone manipulée. La sensibilité de la zone sera moins importante, les muscles vont être relâchés ce qui va permettre la récupération de l'amplitude articulaire et rétablir une circulation optimale (contre-indications : cancer, luxation, fracture, ostéoporose, hypertension, polyarthrite rhumatoïde, etc.).